
Ce conte est hélas basé
sur une histoire vraie.
L'association Chats Sans Toits du Val
d'Oise à jusqu'au 15 mars pour faire en sorte que
plus aucun des "petits points jaunes de la nuit"
ne viennent perturber la quiètude du Directeur du
foyer où ils étaient nourris depuis des années.
Ils ont besoin d'aide !
Pour en savoir plus, rendez-vous sur
le forum de >> l'Association
des Chats Sans Toits.
|
Le conte de la cité
Janvier ; le froid engourdissait les mains de la femme qui
roulait à bicyclette ; la nuit enveloppait la cité
maudite.
La dame emprunta une allée, s'arrêta, posa son
vélo contre le grillage de l'école et commença
à disposer des plats à proximité de la
clôture du foyer des jeunes travailleurs.
Un lampadaire lointain diffusait sa lueur dans le brouillard.
Deux points jaunes surgis de nulle part s'avancèrent
vers la grille, puis deux autres.
Des oreilles pointues écoutaient attentivement les
bruits ; une tête de chat apparut, moustaches en avant,
nez au vent, attiré par le bruit des récipients
et des boîtes que l'on ouvrait.
Est-ce que c'est elle ? Son odeur, sa voix… oui, c'est
la dame aux soucoupes !
Un par un les chats arrivaient, sortaient de leur trou, de
leur buisson, de leur cachette secrète.
La dame poussa les écuelles sous la grille avec un
bâton jusqu'à un abris de fortune, puis se recula
et attendit. Elle vit arriver les jeunes noirauds, l'écaille,
le rouquin. Elle leur parlait doucement pendant que les chats
mangeaient, aux aguets, par deux ou trois, tandis que les
autres surveillaient. Elle resta un moment puis repartit.
Lundi 22 ; nuit sans lune, temps nuageux ; dans le jardin
du foyer, deux voix inaudibles aux humains se parlaient :
|
| - Tu as vu ?
- Oui, c'est terrible, terrible.
- J'espère que la dame aux soucoupes va passer.
- Oui, j'en suis sûr, elle vient tous les jours.
Dans les buissons deux êtres du petit peuple, invisibles
des humains depuis longtemps, papotaient comme deux concierges
des évènements de la journée.
- Nous ne pouvions rien faire, nous sommes trop petits, trop
immatériels.
- Elle arrive !
La chaîne de la bicyclette cliquetait doucement dans
la nuit froide de janvier.
La dame s'arrêta, posa son vélo, puis sortit
de sa sacoche des soucoupes, y mit ses croquettes, ses boîtes,
versa de l'eau dans une écuelle; elle les glissa
sous la grille puis s'éloigna et attendit.
- Mais elle est aveugle, ou quoi !
- Elle est humaine, n'oublie pas qu'elle ne voit pas comme
nous…
- C'est pas possible ça !
...
>>
... la suite du Conte de la Cité
>>
retour menu A crocs - A cris |