| Le statut du chien
a évolué depuis les dernières décennies.
Il a perdu ses fonctions d'origine (chasse, garde, défense...)
au profit de celle d'animal de compagnie. Ce nouveau statut
amène beaucoup de nouveaux maîtres qui sont souvent
sans aucune connaissance cynophile. Leurs choix de chiens
se portent bien souvent sur un physique en faisant abstraction
du caractère.
Monsieur Jean-Paul Petitdidier, Président de la Commission
d'Agility de la SCC, a exprimé son scepticisme vis-à-vis
d'une solution qui consisterait à vouloir "modifier"
le chien pour l'adapter. Il existe déjà suffisamment
de races de chiens adaptées à la ville, pour
ne pas avoir à transformer celles qui le sont moins.
Il semble donc nécessaire de développer :
- les actions d'information sur le thème "quel
chien pour quel mode de vie" afin d'influer sur le choix
des maitres,
- les outils pédagogiques : clubs d'éducation
ou Ecoles du chiot,
- les services (dog-sitting...).
Concernant l'hygiène, aujourd'hui beaucoup de collectivités
locales prennent des mesures répressives visant à
interdire l'accès aux lieux publics ou en distribuant
de très fortes amendes pour les maîtres indélicats
qui ne ramassent pas. Ces mesures n'ont que pour effet de
bouter le chien hors des villes sans résoudre les problèmes
ou induisent des abandons. La majorité des intervenants
s'est accordée pour dire que le chien a un rôle
social important pour les citoyens et qu'il serait donc dommageable
de laisser cette situation poursuivre dans la voie de la dégradation.
Les villes commencent à prendre en compte l'importance
du végétal dans leur politique environnementale,
il est temps de les inviter à prendre également
en compte l'animal. L'Afirac, à ce sujet, a présenté
quelques exemples d'expériences réussies d'aménagement
de parcs en centres villes ou de canisites et cela pourrait
servir de point de départ à une argumentation
en faveur de l'intégration du chien en ville.
Il faut convaincre les communes de développer ce type
d'aménagements offrant un cadre plus épanouissant
pour le chien et donc pour le maître.
Un vaste chantier se profile à l'horizon afin de tenter
d'apporter des propositions répondant à toutes
les exigences et contraintes identifiées.
Il faudra trouver les clés permettant de satisfaire
à la fois l'humain tout en respectant l'animal.
Les pistes qu'il reste à approfondir doivent réussir
ce pari audacieux pour rencontrer l'adhésion de toutes
les parties.
Il faut saluer que la pierre de fondation
de ces travaux serait de définir en premier lieu, une
notion de « bien traitance » animale.
Les sujets abordés furent nombreux mais on peut noter
particulièrement un constat unanime des experts affirmant
que la loi du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux,
n'avait probablement réglé aucun des problèmes
auxquels elle était sensée répondre et
qu'elle est complètement inadaptée. Le rapport,
inscrit dans la loi, qui devait faire un état des lieux
à 2 ans, est enfin en cours d'élaboration. Il
est encore bien trop tôt pour en tirer la moindre conclusion
quant à une éventuelle modification de la loi
... mais une réouverture du débat serait un
premier pas.
Jean-Marie Giffroy, Professeur d'Ethologie à la Faculté
de Namur et Président du Conseil de Bien-être
Animal belge nous a présenté le plan de prévention
visant à répondre à la problématique
de santé publique que représentent les morsures.
La préconisation principale de ce plan est d'agir sur
les individus canins, et non pas sur les races.
Nombres des propositions présentées dans ce
plan pourraient inspirer nos parlementaires dans l'éventualité
d'une modification de la loi sur les chiens dits "dangereux".
Pour conclure, il faut remercier l'ISTAV d'être à
l'origine de ce colloque et l'encourager à poursuivre
ce rôle fédérateur qu'elle a tenu pour
cet évènement avec brio.
N'oublions pas non plus de saluer l'ensemble des intervenants
pour le panorama complet qu'ils ont offert de la situation.
Même si les intervenants et participants venaient d'univers
différents ou défendaient des idées opposées,
le dialogue semble tout à fait envisageable dans le
but d'améliorer la situation actuelle.
Le bilan de ces journées est positif et il ne doit
pas rester sans suite...
Ce texte est très loin de se montrer exhaustif de
l'ensemble des points abordés durant ces journées.
Les documents présentés seront publiés
prochainement sur www.istav.net. |