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Protection animale
Quel chien en ville demain ?

Tel était le thème du séminaire très riche d'enseignements qui s'est déroulé les 21 et 22 janvier derniers à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Maison Alfort sur l'initiative de l'Institut Scientifique et Technique de l'Animal en Ville (ISTAV).

L'objectif de cet évènement fut de dresser un état des lieux de la situation du chien en ville actuellement et d'ouvrir la réflexion sur les pistes d'amélioration pour faciliter son bien-être et son intégration. Si à la lecture du programme, certaines interventions pouvaient faire craindre que ces réflexions puissent se traduire par quel chien devrions-nous "fabriquer" pour l'adapter à notre mode de vie citadin, tel ne fut pas le cas. La qualité des intervenants et leur représentativité de l'ensemble des acteurs du secteur animalier - vétérinaires, éthologues, SCC, protection animale, collectivités locales, ... - ont largement contribué à éviter cet écueil.

Aujourd'hui, le chien est de plus en plus mal vu au sein de nos villes pour deux raisons principales :
- le défaut d'éducation, voir les troubles du comportement qu'un certain nombre de chiens peut présenter,
- les déjections non contrôlées. Partant de ces constats, tous les intervenants se sont attachés à réfléchir à des pistes d'améliorations concrètes qui pourraient être mises en place.

Chien citadin

Le statut du chien a évolué depuis les dernières décennies. Il a perdu ses fonctions d'origine (chasse, garde, défense...) au profit de celle d'animal de compagnie. Ce nouveau statut amène beaucoup de nouveaux maîtres qui sont souvent sans aucune connaissance cynophile. Leurs choix de chiens se portent bien souvent sur un physique en faisant abstraction du caractère.
Monsieur Jean-Paul Petitdidier, Président de la Commission d'Agility de la SCC, a exprimé son scepticisme vis-à-vis d'une solution qui consisterait à vouloir "modifier" le chien pour l'adapter. Il existe déjà suffisamment de races de chiens adaptées à la ville, pour ne pas avoir à transformer celles qui le sont moins.
Il semble donc nécessaire de développer :
- les actions d'information sur le thème "quel chien pour quel mode de vie" afin d'influer sur le choix des maitres,
- les outils pédagogiques : clubs d'éducation ou Ecoles du chiot,
- les services (dog-sitting...).

Concernant l'hygiène, aujourd'hui beaucoup de collectivités locales prennent des mesures répressives visant à interdire l'accès aux lieux publics ou en distribuant de très fortes amendes pour les maîtres indélicats qui ne ramassent pas. Ces mesures n'ont que pour effet de bouter le chien hors des villes sans résoudre les problèmes ou induisent des abandons. La majorité des intervenants s'est accordée pour dire que le chien a un rôle social important pour les citoyens et qu'il serait donc dommageable de laisser cette situation poursuivre dans la voie de la dégradation.
Les villes commencent à prendre en compte l'importance du végétal dans leur politique environnementale, il est temps de les inviter à prendre également en compte l'animal. L'Afirac, à ce sujet, a présenté quelques exemples d'expériences réussies d'aménagement de parcs en centres villes ou de canisites et cela pourrait servir de point de départ à une argumentation en faveur de l'intégration du chien en ville.
Il faut convaincre les communes de développer ce type d'aménagements offrant un cadre plus épanouissant pour le chien et donc pour le maître.

Un vaste chantier se profile à l'horizon afin de tenter d'apporter des propositions répondant à toutes les exigences et contraintes identifiées.
Il faudra trouver les clés permettant de satisfaire à la fois l'humain tout en respectant l'animal.
Les pistes qu'il reste à approfondir doivent réussir ce pari audacieux pour rencontrer l'adhésion de toutes les parties.
Il faut saluer que la pierre de fondation de ces travaux serait de définir en premier lieu, une notion de « bien traitance » animale.

Les sujets abordés furent nombreux mais on peut noter particulièrement un constat unanime des experts affirmant que la loi du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux, n'avait probablement réglé aucun des problèmes auxquels elle était sensée répondre et qu'elle est complètement inadaptée. Le rapport, inscrit dans la loi, qui devait faire un état des lieux à 2 ans, est enfin en cours d'élaboration. Il est encore bien trop tôt pour en tirer la moindre conclusion quant à une éventuelle modification de la loi ... mais une réouverture du débat serait un premier pas.
Jean-Marie Giffroy, Professeur d'Ethologie à la Faculté de Namur et Président du Conseil de Bien-être Animal belge nous a présenté le plan de prévention visant à répondre à la problématique de santé publique que représentent les morsures. La préconisation principale de ce plan est d'agir sur les individus canins, et non pas sur les races.
Nombres des propositions présentées dans ce plan pourraient inspirer nos parlementaires dans l'éventualité d'une modification de la loi sur les chiens dits "dangereux".

Pour conclure, il faut remercier l'ISTAV d'être à l'origine de ce colloque et l'encourager à poursuivre ce rôle fédérateur qu'elle a tenu pour cet évènement avec brio.
N'oublions pas non plus de saluer l'ensemble des intervenants pour le panorama complet qu'ils ont offert de la situation.
Même si les intervenants et participants venaient d'univers différents ou défendaient des idées opposées, le dialogue semble tout à fait envisageable dans le but d'améliorer la situation actuelle.
Le bilan de ces journées est positif et il ne doit pas rester sans suite...

Ce texte est très loin de se montrer exhaustif de l'ensemble des points abordés durant ces journées. Les documents présentés seront publiés prochainement sur www.istav.net.